Homélie du 4e Dimanche de l’Avent année B

, par  BLA

MARIE, FEMME DU « OUI »

Mes biens aimés dans le Seigneur,

A quelques jours de Noël, l’Evangile de l’Annonciation donne le vrai sens de la fête : nous allons célébrer l’Incarnation du Fils de Dieu. Ce 4e et dernier dimanche de l’Avent nous peint le tableau du contexte dans lequel Jésus va bientôt naître à Noël. Il est de la descendance de grand roi David ; il va naître d’une femme : Marie. L’Evangile de ce dimanche rappelle la merveilleuse collaboration de Marie dans le dessein de Dieu aboutissant au premier Noël.
Pour mieux comprendre le sens de cette scène de l’Annonciation, rien de mieux que de la comparer à l’annonce faite à Zacharie pour la naissance de Jean-Baptiste. Le point commun entre les deux scènes est l’annonce de la naissance d’un enfant de l’impossible. Un couple âgé, dont la femme est stérile, et un couple qui n’a pas encore de relations conjugales, ne peuvent pas donner la vie. Pourtant, rien n’est impossible à Dieu, dit l’ange, citant les paroles de Dieu à Abraham aux chênes de Mambré quand Sara s’était mise à rire devant l’incroyable annonce de la naissance d’Isaac.
Mais, tout en ayant un point commun, les deux annonciations contiennent une différence dans la réaction de ceux qui reçoivent cette visite mystérieuse. En effet, face au message de l’Ange, le prêtre Zacharie doute, est sceptique, manque de foi dans le Seigneur ; il demande un signe. Et comme signe, il devient muet… Drôle de signe ! Marie, elle, va réagir en vrai croyante : « « Que tout se passe pour moi selon ta parole ». Devant le message de l’ange, elle ne doute pas ; elle ne demande pas de signe mais une simple précision qu’elle obtient : l’enfant qui naîtra sera saint.

Dans la Bible, la sainteté est l’attribut essentiel de Dieu. Cette sainteté fera de Jésus un Fils de Dieu tout à fait différent des rois d’Israël qui se considéraient également comme des fils de Dieu. Mais sa royauté sera différente de celle des rois de la terre. Sa royauté s’exercera dans la pauvreté, l’humilité et la douceur.

Marie entre donc dans ce projet de Dieu qui vient bousculer le sien. Marie accepte les desseins mystérieux de Dieu en disant « Que tout se passe pour moi selon ta Parole ». Elle est pour nous l’image de la volonté offerte, le modèle de ceux et celles qui acceptent de se laisser convertir, de se laisser habiter par le seul désir de Dieu. Elle accueille le Seigneur en son sein, mais ne le garde pas pour elle. Immédiatement après la visite de l’ange, elle va porter Jésus, la Bonne Nouvelle, dans la maison de Zacharie, le muet du Temple.

Accepter d’être la mère du Messie promis à David, accepter que Dieu revendique seul la paternité de ce Sauveur conçu en elle par l’action merveilleuse de l’Esprit, conduira Marie à dire encore bien des fois « oui » à Dieu. Oui à la pauvreté de la crèche, à l’insécurité de la fuite en Egypte ; oui à l’adolescent de 12 ans qui, à Jérusalem, se réclame de la mission confiée par son Père, oui aux béatitudes, oui à la Croix qu’embrasse librement son fils ; oui au Vivant jailli du tombeau à Pâques.

Ainsi mes biens aimés, Marie est celle qui a dit oui à Dieu sans réserve. Elle est devenue l’habitation de Dieu puisque Dieu est en elle. Laissons le Seigneur bâtir en nous son temple et devenons chacun la maison de Dieu, l’habitation de Dieu, serviteur et servante de Dieu.
Dieu ne sauve pas l’homme sans la participation de l’homme. Dans l’histoire, Dieu a toujours eu besoin des hommes ; il a choisi David, il a envoyé des prophètes comme Nathan, Jean-Baptiste, pour l’aider dans sa mission de salut. Il a choisi Marie… Pourquoi Marie ? C’est son libre choix. Il avait besoin d’une femme pour mettre au monde son fils.
Aujourd’hui, il a besoin des hommes et des femmes pour collaborer à son projet de salut du monde, à la mission de son Fils Jésus ; il a besoin de chacun de nous. Nous avons donc à nous interroger sur notre propre mission : « Qu’est-ce que Dieu me demande à moi aujourd’hui ? Que veut-il que je fasse ? »
Dans notre célébration eucharistique de ce jour, prions Dieu de nous rendre disponibles comme Marie, disponibles à faire quelque chose pour son Eglise, à accepter de rendre quelques services dans la paroisse comme catéchistes, chanteurs, accompagnateurs des familles en deuil, accompagnateurs des couples qui se préparent au mariage. Peut-être nous invite-t-il à participer à la construction de la crèche, à faire la propreté de l’Eglise etc.…
Ne soyons pas seulement des consommateurs des bienfaits de l’Eglise de Jésus ; soyons des acteurs qui la font vivre et la font grandir par nos différents engagements.
Demandons à Marie de nous apprendre à dire oui à Dieu même si, souvent, cela bouscule nos programmes et nos projets humains.
Marie, apprend aux jeunes, garçons et filles, à dire oui à Dieu qui leur demande de lui consacrer un peu de leur temps et même parfois toute leur vie comme prêtres, religieux ou religieuses.
Marie, apprends-nous à dire oui à travers nos enfants qui grandissent et que nous ne comprenons plus très bien.
Apprends-nous à dire oui dans l’insécurité, l’angoisse de la maladie, de l’échec et les croix de nos vies.
Apprends-nous à dire oui au Christ, quand bien même ce qu’il réclame de nous, nous paraît impossible.

Amen.

Abbé Jean- Robert Minkoko

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